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Dix musées essentiels du Japon

Tokyo National Museum, Ueno, Japan
Photo: Wiiii, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Peu de pays offrent un paysage muséal aussi varié que le Japon. La sculpture bouddhique et les objets de cour y sont montrés à Tokyo et Kyoto avec une précision presque ascétique, les collines de Hakone ont accueilli les premiers parcs de sculpture en plein air, la baie de Tokyo héberge les univers numériques de teamLab et du Mori, et l'île de Naoshima est devenue un pèlerinage d'architecture muséale. Deux règles à garder en tête : beaucoup d'établissements ferment le lundi, et l'heure d'arrivée pèse lourd dans les institutions phares. Les droits d'entrée dans les musées nationaux oscillent entre 500 et 1 500 yens pour les collections permanentes ; les expositions temporaires coûtent généralement jusqu'à 2 000 yens. Les institutions privées comme le Chichu ou teamLab Planets pratiquent des tarifs plus élevés, souvent entre 2 000 et 3 800 yens.

Musée national de Tokyo, Ueno

Fondé en 1872, le musée national de Tokyo est le plus ancien et le plus vaste du pays avec quelque 120 000 objets couvrant l'art et l'archéologie japonais de Jomon à l'époque d'Edo. Le Honkan de Jin Watanabe (1938) déploie la collection japonaise dans 24 salles à parcours chronologique, de la préhistoire au début de l'époque moderne ; le Toyokan est consacré à l'art asiatique de la Chine à l'Asie centrale. L'Heiseikan accueille des expositions archéologiques temporaires. L'institution possède 89 trésors nationaux et 648 biens culturels importants, présentés en rotation. Parmi les pièces majeures : les figures haniwa en terre cuite de l'époque Kofun, les bouddhas en bois laqué Nara et les robes de scène du théâtre kabuki. Le musée se trouve à deux minutes à pied de la gare d'Ueno (JR). Du mardi au dimanche ; environ 1 000 yens pour les collections permanentes.

Musée national d'art moderne de Tokyo (MOMAT)

Le MOMAT, dans le parc de Kitanomaru près du Palais impérial, occupe depuis 1969 un bâtiment de Yoshiro Taniguchi et conserve quelque 13 000 œuvres japonaises et internationales depuis l'ère Meiji. L'accrochage du quatrième étage se lit à rebours, du présent vers 1900, et s'achève sur une salle ouverte sur les douves du Palais — un dispositif architectural qui dialogue avec l'histoire urbaine de Tokyo. Sa force : les peintres japonais du XXe siècle. Yokoyama Taikan y représente la peinture nihonga rénovée, Kishida Ryusei explore la figuration symboliste, Kume Keiichiro incarne le premier contact avec l'impressionnisme occidental. Des sculptures, photographies et objets design complètent cette relecture de la modernité japonaise. Accès par le métro, station Takebashi (ligne Tozai). Fermé le lundi ; environ 500 yens.

Mori Art Museum, Tokyo

Au 53e étage de la tour Mori à Roppongi Hills, ouvert en 2003, le Mori Art Museum fonctionne sans collection permanente. Le modèle — expositions de grande ampleur d'art contemporain asiatique alternant avec les grands noms internationaux, ouverture jusqu'à 22 heures et parfois minuit — en a fait l'institution d'art contemporain la plus fréquentée d'Asie. Les rétrospectives Yayoi Kusama y ont battu des records d'affluence ; des panoramas de scènes indonésienne, thaïlandaise ou vietnamienne permettent à un public mondial de découvrir des artistes autrement peu distribués en Europe. Le billet d'entrée inclut l'accès à la Tokyo City View, plateforme d'observation à 360 degrés qui offre des vues nocturnes inoubliables sur l'agglomération. Station Roppongi (ligne Hibiya ou Oedo). Ouvert tous les jours ; de 1 800 à 2 200 yens selon l'exposition.

Hakone Open-Air Museum

Premier parc de sculpture en plein air du Japon, ouvert en 1969 dans le parc national de Fuji-Hakone-Izu, à une heure trente de Tokyo, le Hakone Open-Air Museum montre 120 sculptures de Henry Moore, Auguste Rodin, Pablo Picasso, Alexander Calder et d'autres sur sept hectares en pente, face aux montagnes. L'ensemble articule des zones de sculptures en bronze ou acier, des pelouses ouvertes d'où le Fuji est visible par beau temps, et un couloir de vitraux tubulaire de vingt et un mètres que les enfants peuvent escalader. Le Pavillon Picasso réunit plus de 300 œuvres tous médias confondus — peintures, céramiques, gravures, sculptures —, parmi les plus vastes ensembles Picasso d'Asie. Des bains de pieds aux eaux thermales ponctuent le parcours. Depuis Tokyo, prendre l'Odakyu Romancecar jusqu'à Hakone-Yumoto, puis le train de montagne Hakone-Tozan jusqu'à la station Chokoku-no-Mori. Ouvert tous les jours ; environ 1 600 yens.

Chichu Art Museum, Naoshima

Conçu par Tadao Ando et inauguré en 2004 sur l'île de Naoshima dans la mer intérieure de Seto, le Chichu n'expose que cinq œuvres : trois grands formats des Nymphéas de Monet peints entre 1914 et 1917, une installation immersive de James Turrell et Time/Timeless/No Time de Walter De Maria, sphère granitique de 2,2 mètres au centre d'un dispositif géométrique doré. Toutes les salles sont enterrées dans le béton brut caractéristique d'Ando et éclairées uniquement par la lumière naturelle tombant de découpages zénithaux — la qualité de la lumière varie d'heure en heure. Les quotas d'entrée sont serrés ; la réservation en ligne est indispensable, idéalement plusieurs semaines à l'avance. Naoshima est accessible en ferry depuis Uno (préfecture d'Okayama, 20 minutes) ou Takamatsu (Shikoku, 60 minutes). L'île abrite également le musée Lee Ufan, le Benesse House Museum et une série d'installations in situ dans des maisons traditionnelles. Environ 2 100 yens.

teamLab Planets, Tokyo

teamLab Planets, à Toyosu, déploie 10 000 mètres carrés où l'on circule pieds nus dans des bassins d'eau peu profonds, des salles couvertes de miroirs et des jardins traversés de projections qui répondent au mouvement. L'infrastructure — 520 ordinateurs, 470 projecteurs — produit des effets inaccessibles à une galerie ordinaire : des pluies de fleurs animées qui se déforment autour des corps, des forêts de lumière en perpétuelle mutation, des bassins où les reflets semblent infinis. Le collectif teamLab cherche à dissoudre la frontière entre l'œuvre et le spectateur. C'est l'institution artistique la plus fréquentée du Japon et l'une des plus visitées au monde selon les classements annuels. Les créneaux se réservent longtemps à l'avance, surtout en période scolaire. Station Shijō-mae (ligne Yurikamome), à l'entrée du site. Environ 3 200 yens.

Musée national de Kyoto

Le musée national de Kyoto, à Higashiyama-ku, conserve quelque 12 000 objets liés au millénaire impérial de la ville. Le Meiji Kotokan de Tokuma Katayama (1897), de style Renaissance française, sert désormais aux expositions temporaires ; le Heisei Chishinkan, signé Yoshio Taniguchi (2014), abrite les salles permanentes climatisées pour peintures, céramiques, laques et textiles. Sa collection de sculpture bouddhique des époques Heian et Kamakura n'a pas d'équivalent hors des trésors monastiques : les figures polychromes en bois du Xe et XIe siècles illustrent avec une netteté saisissante le passage de l'idéalisme de cour à la rigueur militaire. Le musée est accessible en bus depuis la gare de Kyoto (arrêt Hakubutsukan Sanjusangendo-mae) et se trouve à deux minutes à pied du Sanjusangendo. Fermé le lundi ; environ 700 yens.

Musée national de Nara

Fondé en 1895 à proximité du parc de Nara, le musée national se spécialise dans l'art bouddhique de l'Asuka à Edo et conserve l'une des plus belles collections de sculpture bouddhique et d'objets rituels du Japon. La salle consacrée à la sculpture bouddhique présente plus de 100 figures dans une architecture en brique rouge évoquant les trésoreries impériales traditionnelles. En octobre et novembre, le musée accueille l'exposition Shoso-in, qui montre pendant deux semaines une sélection des quelque 9 000 trésors impériaux conservés dans le grenier du Todai-ji depuis le VIIIe siècle — textiles Tang, instruments de musique, objets en verre soufflé, armures laquées. Les billets sont attribués par tirage au sort ; il faut s'inscrire à l'avance. Nara est à 35-45 minutes de Kyoto par le train Kintetsu ou JR. Fermé le lundi ; environ 700 yens.

Miho Museum, Shiga

Le Miho Museum, dans les collines de Shigaraki, conçu par I. M. Pei et inauguré en 1997, s'aborde par un tunnel de 157 mètres creusé dans la montagne — une rampe légèrement ascendante au revêtement de pierre qui débouche sur une vue de la vallée boisée avant que le bâtiment de verre et d'acier, à demi enfoui dans le flanc de la colline, n'apparaisse. Pei s'était inspiré du poème taoïste de Tao Yuanming sur le pêcheur égaré dans un bosquet de pruniers qui débouche sur un paradis caché. La collection, réunie par l'organisation religieuse Shinji Shumeikai, traverse les arts anciens d'Égypte, de Grèce, de Rome, de Perse, de l'Inde, de la Chine et du Japon. Parmi les pièces remarquables : un portrait de momie polychrome égyptien du IIe siècle, un trésor bouddhique doré de la dynastie Tang et des vases en argent sassanides. Navette depuis la gare de Shin-Miho-Yamaguchi (ligne JR Biwako) ; réservation de la navette conseillée. Fermé le lundi ; environ 1 300 yens.

Musée Edo-Tokyo (fermé temporairement)

Le musée Edo-Tokyo à Sumida, bâtiment de Kiyonori Kikutake (1993) dont les galeries sont surélevées sur pilotis à 43 mètres en référence aux greniers sur pilotis de l'époque Edo, est fermé depuis 2022 pour une rénovation prévue jusqu'en 2025 ou 2026 — vérifier l'état de réouverture avant tout déplacement. Avant fermeture, il offrait l'une des présentations les plus complètes de la vie urbaine d'Edo et de Tokyo moderne : reconstitutions en vraie grandeur d'une maison de marchand et d'un théâtre kabuki, réplique du pont de Nihonbashi, dioramas du grand séisme de Kanto de 1923 et des bombardements incendiaires de mars 1945 qui rasèrent une grande partie de la ville. Aucune autre institution ne retrace avec une telle profondeur la trajectoire urbaine de Tokyo sur quatre siècles. Station Ryogoku (JR Sobu ou Oedo).

Repères pratiques

La grande majorité des institutions citées est accessible par le réseau JR ou les lignes de métro de Tokyo, Kyoto et Osaka. Pour Naoshima, comptez une journée entière depuis Osaka ou Kyoto, en incluant le trajet en ferry. Pour le Miho Museum, une demi-journée depuis Kyoto suffit à condition de réserver la navette. Tous les établissements mentionnés figurent sur la carte — un point d'appui commode pour construire un itinéraire muséal cohérent à travers le Japon.