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L'essor du catalogue numérique

Au début des années deux mille, qui voulait vérifier l'attribution d'un Vermeer feuilletait des catalogues raisonnés coûteux dans une bibliothèque de recherche. Aujourd'hui, on ouvre la base de données en ligne du Rijksmuseum ou du Mauritshuis et l'image apparaît en résolution de 300 mégapixels. Le tour d'horizon qui suit retrace cette mutation.

Du catalogue imprimé à la base en ligne

Les catalogues muséaux traditionnels — livres d'exposition imprimés, catalogues raisonnés savants — touchaient un public restreint. Les catalogues en ligne, à partir des années 2000, ont profondément modifié l'accès aux collections. Ce qui était privilège universitaire est désormais librement consultable.

Rijksstudio en 2012

Avec Rijksstudio, le Rijksmuseum a mis en 2012 à disposition gratuitement des images haute résolution de sa collection, y compris pour des réutilisations commerciales. Le modèle est devenu standard ; de nombreuses institutions l'ont reproduit depuis.

Met Open Access

Le Metropolitan Museum a ouvert en 2017 quelque 375 000 images de collections sous licence Creative Commons Zero — l'une des plus grandes libérations d'images de l'histoire des musées. Le Cleveland Museum, le Smithsonian et les musées nationaux des Pays-Bas, de Suède et de Finlande ont emboîté le pas.

Google Arts and Culture

Lancée en 2011 sous le nom de Google Art Project, la plateforme agrège aujourd'hui les collections de plus de 2 000 institutions. Les images en gigapixels d'œuvres majeures permettent depuis chez soi une étude détaillée jusqu'ici réservée au face-à-face avec l'original.

Bases de provenance

Les bases de recherche sur la provenance d'époque nazie — Deutsches Zentrum Kulturgutverluste, US Holocaust Memorial Museum, Lost Art Database — ont considérablement facilité la recherche en restitution. Les chaînes de propriété se reconstruisent désormais sur plusieurs décennies.

CIDOC-CRM et Linked Open Data

Les standards internationaux de données, à commencer par CIDOC-CRM, et le recours au Linked Open Data permettent aujourd'hui des recherches inter-institutions. La vision complète d'une recherche fédérée sur tous les musées du monde reste utopique, mais des projets concrets en montrent la voie.

Scans et impressions 3D

La numérisation 3D permet d'observer les sculptures sous tous les angles — et de produire des répliques physiques. Cette dernière possibilité ne va pas sans débats : pour les collections contestées, des reproductions imprimées en 3D ont déjà servi de monnaie d'échange dans les négociations de restitution.

IA dans la catalogation

L'apprentissage automatique est de plus en plus mis à contribution pour la classification d'images, le suivi de l'état de conservation et la traduction des cartels. Le débat sur la précision, les biais et l'autorité curatoriale reste ouvert — et l'apport de l'expertise humaine demeure, dans le doute, plus élevé que ne le laissent croire les communiqués des éditeurs.

Risques et critiques

Plusieurs voix critiques pointent des risques. Les substituts numériques pourraient se substituer à l'expérience physique ; l'accès libre pourrait dévaloriser le travail curatorial ; les plateformes agrégatrices comme Google et Wikimedia concentreraient trop de pouvoir sur la perception des musées. Les réponses se construisent encore.

La carte signale les institutions dont les collections numériques sont les mieux accessibles — préparation utile pour un voyage ciblé.